Oui, j’ai choisi de tous les garder. Oui, j’en suis fière. Et non, je n’ai pas à me justifier.
Il y a des phrases qu’on entend une fois. Et qu’on oublie.
Et puis il y a celles qu’on entend trop souvent, dites avec un sourire en coin, un soupir, ou carrément un regard effaré :
« Mais comment tu fais ? »
« Les études, ça coûte cher tu sais. »
« Vous allez finir épuisés… »
« Mais vous les vouliez tous ?! »
À croire que le simple fait d’avoir cinq enfants déclenche une alarme sociale.
Comme si je devais lever la main et dire « Oui, j’assume. Oui, j’ai une explication. »
Mais non. Je ne dois rien. Ni excuses, ni justifications.
Chaque grossesse, chaque choix… c’était le mien.
Non, rien n’a été “prévu” selon les cases qu’on aime cocher dans les cercles parfaits de la parentalité.
- Mon premier est arrivé alors que j’étais sous pilule.
- Ma seconde est née d’une aventure d’un soir, qui s’est finalement transformée en histoire de vie. Nous avons fêté notre deuxième anniversaire de mariage il y a quelques jours.
- Mon troisième est venu malgré un stérilet bien placé.
- Mon quatrième, malgré une pilule microdosée.
- Et mon cinquième ? Celui-là, on l’a attendu. On voulait « compléter la famille », comme on dit.
Tu peux me juger.
Mais moi, j’ai choisi.
À chaque fois, j’ai fait le choix de garder ces enfants. Il y avait d’autres chemins, bien sûr. Mais j’ai pris celui-là. Mon chemin. Et je l’assume pleinement.
Ce qui me met vraiment en colère ?
Ce ne sont pas les remarques en elles-mêmes.
C’est ce qu’elles insinuent.
Comme si j’étais irresponsable.
Une charge pour la société.
Parce qu’ils sont cinq, vous pensez vraiment que je ne pourrais pas les aimer tous assez, les accompagner, leur offrir un avenir.
Mais… qui vous a dit que je ne pouvais pas ?
Je ne demande rien à personne.
Je n’ai jamais quémandé d’aide pour nourrir, élever ou aimer mes enfants.
Et même si je l’avais fait : ça ne regarde que moi.
Ce que je veux te dire à toi, maman :
Tu as fait le choix de ne pas avoir d’enfant ?
Ou d’en avoir un ? Deux ? Cinq ? Dix ?
C’est Ton droit. Ton histoire. Et tu n’as à te justifier auprès de personne.
On vit dans une société où tout le monde croit pouvoir avoir un mot à dire sur ton utérus, ton couple, tes décisions.
Mais au bout du compte, ce sont tes nuits blanches, ton cœur qui bat trop fort, tes bras pleins d’amour, ton courage de chaque jour.
Alors lève la tête.
Et sois fière. Même si personne ne comprend.
Que les regards sont lourds.
Et que les “bons conseils” pleuvent.
Tu as fait des choix. Tu les assumes. Et rien que ça, c’est déjà une victoire.
Ma famille, ma fierté…
Aujourd’hui, ma famille est mon moteur.
C’est ce qui me pousse à me lever les jours où je n’ai plus de force. Et crois moi ils sont nombreux…
C’est ce qui me donne envie de construire, de transmettre, d’aimer encore plus.
Je suis fière de mes enfants. De chacun d’eux.
Et tu sais quoi ? Si c’était à refaire…
Je le referais. Encore.
Alors la prochaine fois qu’on me demande comment je fais,
je répondrai peut être :
« Je fais. Parce qu’ils en valent la peine. »
Tu ferai pareil ?
Affectueusement,
Lynda.


